Compte rendu des réunions des Groupes de travail du CCR Pêches lointaines
13 & 14 octobre 2010
(résumé des principaux points)
GT 1
Problème des limitations de la pêche au requin Le CCR souligne les incohérences de la Commission ; celle-ci se mobilise sur une interdiction totale de la pêche au requin pour éviter le "finning", c’est à dire la pêche pour les ailerons – qui seront séchés et exportés vers l’Asie – avec rejet des carcasses à la mer. Les armements européens ne pratiquent pas ce genre de pêche car la totalité des prises est valorisée : la chair de requin est commercialisée. Par contre, les armements sont conscients de la fragilité de certains stocks comme le requin-marteau et le requin-renard qui peuvent faire l’objet de prises accidentelles par les palangriers.
- Alors que les pêcheurs européens sont d’accord pour appliquer une interdiction de capture de ces deux espèces, faciles à localiser, c’est la Commission qui freine… !
- Par contre, la Commission consulte des sources d’information disparates et non représentatives (pas de sources scientifiques), ainsi que des ONG environnementalistes dans des zones où les Européens ne pêchent pas, comme dans le Pacifique…
Ateliers organisés dans le cadre du processus de Kobé
- 1 Atelier "meilleures pratiques" Les rapports des scientifiques ne sont pas clairs ; il faudrait améliorer la concertation entre scientifiques et professionnels et entre ORGP (Organisations régionales de gestion de la pêche).
- 2 Atelier "harmonisation et compatibilité des systèmes de contrôle-gestion et de surveillance" Il est indispensable de renforcer ces systèmes pour les ORGP et les pays riverains en développement : on peut avoir tous les règlements souhaitables mais s’il n’y a ni contrôles ni pénalités…
- 3 Atelier "captures accessoires" Il faut améliorer sans cesse le recueil de données sur les captures accessoires pour éviter le gaspillage actuel.
- 4 Atelier "capacités de gestion "
Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut réduire les capacités globales de capture (en particulier pour le thon), mais les "petits" pays riverains estiment qu’ils peuvent et doivent augmenter les leurs.
Il faudrait faire une liste complète des navires actifs via les ORGP, puis évaluer les capacités globales correspondant aux recommandations des scientifiques.
Le problème sera ensuite la répartition entre navires ayant une antériorité et nouveaux navires des pays riverains. Actuellement pas de consensus, sauf sur le respect des règles pour une pêche responsable et socialement équitable par tous les navires qui seront retenus…
Cette future répartition sera extrêmement politique…
Point sur l’été des stocks de thon en Atlantique ouest
RAS, niveau d’exploitation modéré
Thon rouge et pêche INN
Des navires portugais ont noté la présence de navires asiatiques qui pêchent le thon rouge dans le SE Irlande, sans avoir de quotas… comme en Méditerranée…
GT 4
Accords de pêche
La Commission et le Parlement européens se sont réunis – à huis-clos – le 17 octobre pour essayer d’élaborer une procédure de consultation pour les futurs accords de pêche. Ils refusent d’y associer le CCR pêches lointaines. Le problème du manque de cohérence entre les politiques des DG Trade / Dev / et Mare est toujours entier !
Problème de la gouvernance
On note toujours des problèmes de "non-affectation" conforme des fonds "pré-orientés" par certains pays signataires d’accord, même quand ces affectations sont clairement prévues ; cas de la Mauritanie qui n’a pas affecté certains fonds à la formation, par exemple.
GT 5
Accords de partenariat économique avec les pays ACP.
Problème actuel de la Namibie qui veut construire une usine géante pour le thon ; elle veut obtenir la même dérogation que la Papouasie Nouvelle Guinée pour pouvoir travailler du poisson de n’importe quelle provenance, sous réserve que le poisson soit déclaré capturé dans sa ZEE.
- Argument de la Namibie : les Etats sont souverains et peuvent céder leurs ressources à qui ils veulent,
- Argument de l’UE : l’accord du régime préférentiel est signé avec le pays riverain et pas avec une flotte étrangère inconnue.
Une acceptation de la demande de la Namibie ouvrirait la porte évidemment à une recrudescence de la pêche INN car personne ne contrôlerait le pavillon et les zones de capture des navires qui viendraient ravitailler l’usine ;
On verrait certainement aussi des dérives sur le plan social, comme en Papouasie Nouvelle Guinée, où l’on "importe" de la main d’œuvre asiatique sous-payée pour ne pas respecter les minimums sociaux locaux .
Jean Michel Le Ry, représentant du Collectif Pêche & Développement au CCR Pêche lointaine



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