Le monde entier se mobilise pour Haïti après le séisme qui a frappé la région la plus peuplée du pays. Malgré la bonne volonté de toutes les organisations internationales, Haïti ne sort pas de la pauvreté matérielle. Dans ce laboratoire du développement où chaque institution venue de l’étranger prêche pour sa paroisse et expérimente ses propres convictions, les forces vives du pays sont maintenues dans un état de dépendance qui annihile toute forme d’organisations endogènes depuis les communautés villageoises, jusqu’aux quartiers des centres urbains.
L’étude-diagnostic réalisée en 2007 dans le Sud-Est d’Haïti, montre une autre réalité de la pêche. L’ouverture de marchés extérieurs pour les produits halieutiques, s’est traduite par un développement important de la pêche artisanale dans le département du Sud-Est. Cependant, ce développement s’est réalisé dans l’indifférence et sans aucune considération à l’égard des communautés de pêcheurs. Sans toutefois sous-estimer les réelles potentialités des eaux du large (thon, marlin, coryphène,…), l’avenir de la pêche artisanale dans le département du Sud-Est repose avant tout sur l’exploitation des ressources halieutiques du plateau continental. Plutôt que de redéployer la pêche au delà du plateau continental dans le cadre de l’installation des dispositifs de concentration du poisson (DCP), il serait nécessaire dans un premier temps de renforcer l’organisation de la pêche artisanale et de reconsidérer le rôle déterminant des marchandes de poisson dans la sécurité alimentaire des populations les plus pauvres.
Philippe Favrelière, 2008
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